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BALLET DU NORD - SYLVAIN GROUD

SYLVAIN GROUD, direction artistique et chorégraphie

 

Diplômé du CNSMD, Sylvain Groud commence son parcours de danseur chez le chorégraphe Angelin Preljocaj. Lauréat du Concours International de Paris avec sa première chorégraphie, il s’attache à faire émerger la danse là où on ne l’attend pas avec des projets in situ comme People – plus de 200 représentations à ce jour.

Une autre caractéristique de son travail consiste en une recherche sur la relation entre la musique et la danse. Ainsi il crée Cordes, pièce pour 8 danseurs et 24 musiciens, Héros Ordinaires pour 4 danseurs et 4 chanteurs lyriques puis Collusion pour 4 danseurs avec le compositeur électro Molécule.

En 2010, il est invité à rencontrer cinq danseuses Hip Hop à Suresnes Cités Danse et crée Elles, travail qui se prolonge par le solo Ma leçon de hip hop en 2013. En 2012, il commande une œuvre au plasticien Jonathan Loppin. Ensemble, ils créent Chambre 209, une installation chorégraphique, numérique en quadrifrontal. Sylvain Groud crée en 2013 Music for 18 Musicians, chorégraphie participative sur la musique de Steve Reich interprétée en live par l’Ensemble Links. En 2015, il conçoit Memento Vivere avec le vidéaste Grégoire Korganow, puis Trois Sacres avec Bérénice Bejo et Come Alive dans le cadre d’une commande du festival Days Off de la Philharmonie de Paris en 2016.

En 2018, Sylvain Groud est nommé à la direction du Ballet du Nord et confirme son projet et son ambition avec la création du spectacle participatif Let’s Move ! et du duo Dans mes bras.

BALLET DU NORD - SYLVAIN GROUD

Programmes

ADOLESCENT

Conception et chorégraphie Sylvain Groud en étroite collaboration avec les interprètes
Assisté à la chorégraphie d‘Agnès Canova
Décors et costumes: Françoise Pétrovitch
Musique: Molécule
Lumière: Michaël Dez
Interprètes: Yohann Baran, Marie Bugnon, Pierre Chauvin-Brunet, Agathe Dumas, Alexandre Goyer, Alexis Hedouin, Julie Koenig,
Lauriane Madelaine, Adélie Marck, Julien Raso, Nathan Bourdon (stagiaire), Léa Deschaintres (stagiaire), Laure Desplan (stagiaire), Yohann Mazurkiewicz (stagiaire)
Réalisation costumes Chrystel Zingiro assistée de Élise Dulac et Patricia Rattenni

Production: Ballet du Nord - Centre Chorégraphique National de Roubaix Hauts-de-France

Coproduction: Le Colisée, Théâtre de Roubaix

NOTE D'INTENTION

Adolescent est une plongée dans les eaux troubles et bouillonnantes de l’adolescence. Au crible des figures adolescentes de Françoise Pétrovitch, Sylvain Groud aborde l’extrême complexité de ces états de corps pluriels et protéiformes.

Sur scène, 10 corps en tension, dont on saisit mal l’âge, jouent et déjouent les forces centripètes de l’intime et centrifuges du collectif. L’écriture chorégraphique met en tension tout à la fois besoin de singularisation et besoin d’appartenance au collectif pour exister ou pour survivre. Quoiqu’il arrive, à cette période de la vie, il s’agit de faire corps, avec un corps mouvant, insaisissable, le sien, et de faire corps avec l’Autre. Ainsi, la série d’aquarelles les Supporters (2001-2003) de Françoise Pétrovitch, qui présente en portraits frontaux, de jeunes individus au visage effacé derrière un ralliement dont le tee-shirt porte le nom.

C’est cet état changeant, biologique et psychologique, social et sociétal, que Sylvain Groud confronte au plateau dans tous ses possibles et toutes ses contradictions. C’est le temps des métamorphoses, l’enclenchement de la mutation du corps. « Les excroissances poussent, elles sont visibles » dit Françoise Pétrovitch. Le corps grandit et l'enfant se déforme, irrémédiablement. C’est l’âge trouble qui fascine et façonne les civilisations, qui s’en saisissent par le rite de passage. C’est le temps du mime et de l’imitation, du jeu de rôle et des manipulations. Le visage s’évanouit derrière le masque. Transparence et roublardise. Dans Adolescent, la danse de Sylvain Groud, habituellement nue et dépouillée, sera manifestement plastique, dans une abstraction des corps pour mieux extraire le sens du mouvement. Perruques, gants, masques, de Françoise Pétrovitch pourraient bien venir jeter le trouble sur l’identification des corps des filles et des garçons, en les grimant d’aplats vifs.

Croisement des regards

Chacun sur son territoire, Françoise Pétrovitch et Sylvain Groud figurent des corps en présence, en posture, en action, qui nous poussent à nous mouvoir à notre tour. Ils interrogent les gestes, les griment parfois et les épuisent à l’infini, par le dessin ou par la danse. Ces deux artistes s’autorisent à aller partout et ce n’est pas leur première fois.

Dans La Déclaration (2017) et Cordes (2008) de Sylvain Groud, les êtres s’affrontent et se télescopent, s’assimilent et se fondent, jusqu’au carambolage. Avec Chambre 209 (2011), il danse dans l’installation de Jonathan Loppin, ou fait appel au vidéaste Grégoire Korganow pour Memento Vivere (2015).

Si Françoise Pétrovitch réfute toute notion de narration dans son travail, ses sujets sont toujours en posture et ses titres sont souvent des verbes d’action (Tenir debout, la Révérence, Rougir, se coiffer, le Geste, Etendus, Tenir). La danse est bien présente chez Françoise Pétrovitch. On retrouve dans ses dessins et la danse du chorégraphe cette immédiateté du geste, interrogé dans sa continuité et dans sa fin.

Enfin, l’un et l’autre poursuivent un travail souterrain d’observation et de collecte d’histoires intimes. Une acuité sur le réel et le quotidien qui se retrouve dans la précision de ces gestes, qui n’attirent pas l’attention.

Marie Cherfils

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